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Joschka Fischer à SciencesPo Bordeaux : le passé en héritage


SciencesPo Bordeaux accueillait une nouvelle fois une personnalité marquante dans le cadre des rencontres SciencesPo/Sud Ouest : Joschka Fischer. L’ex vice chancelier allemand nous montre encore une fois combien un engagement est le fruit d’un passé, mais au service d’un futur.

Jeudi dernier, dans le cadre des rencontres Sciences-Po/Sud Ouest, l’IEP accueillait Joschka Fischer pour un Grand Oral marqué du sceau de l’histoire. Après deux heures de discussions, alternant souvenirs de jeunesse et convictions politiques, l’empreinte du passé semble être le fil conducteur d’une vie mouvementée.

Il faut dire que Joschka Fischer est aujourd’hui un homme qui s’est retiré de la vie politique. Depuis septembre 2006 et l’abandon de son mandat de député vert au Bundestag, il est revenu à la vie civile pour se consacrer à l’enseignement (il est professeur invité à l’Université de Princeton en 2006), et fonder sa propre société de conseil en participant notamment au projet de pipeline Nabucco.

C’est donc tout naturellement vers son passé que s’est principalement orienté ce Grand Oral. Il semble d’ailleurs que l’ancien homme politique soit plus enclin à revenir sur ses souvenirs et choix politiques qu’à discuter de ses projets en cours. Qu’à cela ne tienne, l’animal politique Fisher nous offre les clés de son parcours.

L’histoire en héritage

Dès sa première remarque, Joschka Fischer affirme l’importance de ses origines dans son parcours. Né dans une famille allemande de Hongrie, il grandit en Allemagne de l’ouest, dans le Bade-Wurtemberg. Sa jeunesse est celle de tous les Allemands nés après-guerre, dans un pays marqué du sceau de la honte, réunissant victimes, bourreaux et collaborateurs passifs. Mais également nés en pleine Guerre Froide, dans cet ouest tourné vers les Etats-Unis. C’est cette identité pleine de questionnements qui le conduit encore enfant à s’interroger sur son histoire, puis plus tard sur son pays et son avenir.

Il fait partie de cette jeunesse qui rapidement entre en conflit avec les générations précédentes qui reconstruisent l’Allemagne après 1945. En 1967, le jeune Fischer s’engage dans le mouvement des étudiants allemands. Si ces premières actions politiques sont aujourd’hui un fondement du « mythe » Fischer, comme pour son ami Daniel Cohn Bendit, celui-ci rappelle non sans s’en amuser que ce choix résulte certes de son goût pour la politique et de ses convictions d’alors, mais aussi de l’air du temps. Rien de plus cool en effet à l’époque que la Pop culture, les cheveux longs et les mouvements de protestation.

Un choix « cool » qui semble avoir été le bon pour le jeune Fischer qui poursuivra ses engagements jusqu’à entrer en 1982 dans le parti écologiste Die Grünen et devenir député au Bundestag en 1985. Puis, poursuivant sa carrière politique, il deviendra Vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères de 1998 à 2005.

« Nie wieder Krieg, nie wieder Auschwitz »

Au gouvernement, comment concilier le refus de s’engager dans de nouveaux conflits de son parti Die Grünen, et les appels de la communauté internationale pour une participation de l’Allemagne dans les Balkans dans les années 1990 ? La réponse se trouve là encore dans l’histoire de l’homme, qui prend le pas sur son affiliation politique. L’héritage de l’histoire allemande lui intime de s’opposer à un nouveau génocide contre des populations laissées à elles-mêmes, quitte à contourner le droit international, et sans mandat de l’ONU.

Joschka Fischer appelle cela être pragmatique, en insistant bien sur le fait qu’en devenant ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, il n’était plus porte-parole des Grünen, mais responsable d’une politique complexe, ne pouvant faire l’objet de débats partisans. Ce positionnement lui a d’ailleurs été très violemment reproché au sein de son parti.

L’Allemagne, la France et l’Europe

Lorsque l’on demande à Joschka Fischer qu’est ce qu’être allemand pour lui, on devine là encore le poids donné à l’héritage historique. Que penser par exemple d’un Allemand qui chanterait un hymne telle la Marseillaise ? Mais c’est également faire partie d’un pays au centre de l’Europe. Les remarques sur le couple franco-allemand ont été critiques : sans un engagement sérieux pour l’Europe et une collaboration effective et accrue des deux Etats, l’Union ne pourra par avancer. Cette collaboration est d’autant plus importante que les dirigeants des deux Etats n’ont, à ses yeux, aucune idée nouvelle ou personnelle susceptible de faire avancer le projet européen. Sans avenir et sans direction, comment faire face aux nouvelles puissances émergentes et comment prétendre à un rôle de leader mondial ?

Pour le moment, l’ex-homme politique devenu observateur affirme qu’aucun gouvernement des Etats membres ne semble enclin à promouvoir l’Europe, et ce alors même que les citoyens peinent à s’y intéresser. Un bilan peu positif, qui lui fait dire que seule une crise sérieuse pourrait faire changer les choses. Mais ne sommes-nous pas déjà dans une telle configuration ?

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Isabelle59
6 juillet 2010
02:39
Joschka Fischer à SciencesPo Bordeaux : le passé en héritage

Tout est dit dans le titre ! excellent article ! merci beaucoup ça me donne un coup de main énorme pour terminer ma dissertation :) forex gfc markets

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auteurs

Pazanne Dupont
Pazanne Dupont a 23 ans et est en cinquième année à l’IEP de Bordeaux, en parcours « Carrières Européennes ». Originaire de Lille, une ville à vocation européenne et ouverte sur ses voisins d’outre-manche (...)




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UE vs VIH : Nouveau programme de lutte contre le Sida
, Le 7 juillet 2010

Il est clair que l’action passe avant tout par une sensibilisation et une plus grande information du public car il existe malheureusement des personnes qui pensent qu’il existe un "vaccin" contre ce fléau qu’est le Sida. Si les pouvoirs publics ne prennent pas le problème à bras le corps des victimes continuerons à payer un lourd tribu. Sibylle Merci pour ce que vous faites.


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